Environnement et climat

Intervention en plénière – Conférence sur le changement climatique à Doha (COP18) – 21 novembre 2012

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Corinne Lepage, au nom du groupe ALDE . – Monsieur le Président, Monsieur le Ministre, Madame la Commissaire, nous sommes en réalité confrontés, avec cette conférence de Doha qui se présente sous des auspices difficiles – je crois qu’il n’est pas la peine de se cacher derrière son petit doigt –, à un triple défi.
Je partage tout à fait ce que vient de dire notre collègue Jørgensen sur l’urgence de la situation, nous le savons tous. Et je pense que quand les générations futures jugeront, avec l’œil de l’historien, ce que notre génération a fait, c’est largement sur la question du changement climatique que nous serons jugés.
Nous savons tous combien les choses sont difficiles et, pour avoir suivi trois conférences sur le climat, j’ai pu moi-même en juger. Il n’en demeure par moins que nous avons une responsabilité historique, qui impose d’aller dans la précision et dans le concret.
Nous ne pouvons plus nous contenter d’engagements à venir, de financements qui seront novateurs mais ne sont pas précisés, tout simplement parce que nous nous déconsidérons. Car au-delà l’enjeu du changement climatique, il y a aussi l’enjeu politique de l’Europe.
Je souscris tout à fait, Madame la Commissaire, à ce que vous avez dit il y a un instant sur la nécessité, pour l’Europe, de montrer un visage uni. À l’heure où nous faisons l’objet, sur toute la planète, de tant de critiques, je pense que nous pouvons être non seulement des initiateurs, mais également des démonstrateurs de la manière dont on peut concilier la question économique, le développement économique, l’intérêt de nos entreprises et des nouvelles filières industrielles avec, en même temps, une lutte acharnée contre le changement climatique, c’est-à-dire pour la survie des générations qui viennent et de l’humanité.
Je crois que nous avons là une vraie responsabilité, car s’il est une région dans le monde qui a la capacité de faire cette démonstration, c’est l’Europe. Il n’y en a pas d’autre, parce que pour les pays du sud, les questions de développement passent avant la question climatique, et que pour les États-Unis, la question économique est prioritaire par rapport à la question climatique.
Aujourd’hui, nous sommes les seuls sur cette planète à pouvoir réellement relever ce défi. Je crois que nous en sommes tous conscients et c’est la raison pour laquelle nous devons être ambitieux, exigeants à l’égard des autres, mais aussi et peut-être, avant tout, à l’égard de nous-mêmes.