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Sommet de Copenhague : Corinne Lepage déplore l'absence d'engagements forts de la part des ministres des Finances et de l'Environnement de l'UE

Corinne Lepage, première vice-présidente de la Commission Environnement du Parlement européen, et membre de la délégation officielle du Parlement au Sommet de Copenhague sur le changement climatique (7-18 décembre), déplore l'absence d'engagements forts de la part des ministres des Finances et de l'Environnement de l'UE.



"Les ministres de l'UE ne se sont pas montrés à la hauteur des enjeux du changement climatique", déplore Corinne Lepage. "Les ministres des finances, qui ont été incapables de se mettre d'accord hier sur la contribution monétaire de l'UE à la lutte contre le changement climatique dans les pays en développement, devront assumer une lourde part de responsabilité en cas d'échec à Copenhague."

L'ONU estime que les pays en développement auront besoin d'au moins 100 milliards d'euros par an d'ici 2020 pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et s'adapter aux conséquences du changement climatique. Corinne Lepage estime que "vu sa responsabilité historique, la contribution de l'UE ne saurait être inférieure à 35 milliards d'euros par an si elle veut être crédible à Copenhague. Les chefs d'Etat devront être à la hauteur de leur responsabilité et de cet enjeu historique pour l'humanité, et prouver par des engagements forts, et pas seulement des belles paroles, que l'UE est prête à être en première ligne dans le combat contre le changement climatique."

Soulevant la problématique des moyens, Corinne Lepage a plaidé hier à Strasbourg en session plénière du Parlement en faveur de "l’instauration d’une taxe, type taxe Tobin verte, pour permettre le financement de la lutte contre le changement climatique" car pour elle, "s'il n'y a pas d'argent à Copenhague, il n'y aura pas d'accord ambitieux".

"D'après les scientifiques, même une réduction de 40% des émissions d'ici 2020 dans les pays industrialisés n'offrirait qu'une chance sur deux de limiter l'augmentation globale des températures à 2°C. L'UE devrait d'ores-et-déjà s'engager à réduire ses émissions de 30% d'ici 2020 sur son territoire", estime par ailleurs Corinne Lepage.

"Les mécanismes de flexibilité discutés aujourd'hui par les ministres de l'Environnement laissent trop de marge de manœuvre et risquent de nuire à l'intégrité du marché carbone, surtout si l'UE accepte de prendre en compte les surplus de crédits d’émission dont disposent des pays comme la Russie."

"Le manque de volonté des ministres de l'Environnement à pousser les secteurs de l'aviation et du transport maritime à réduire leurs émissions de manière significative est également préoccupant. Il faut par ailleurs que les revenus issus de ces secteurs soient obligatoirement affectés à la lutte contre le changement climatique, et en priorité à la lutte contre la déforestation, responsable de 20 % des émissions mondiales."

"Sur les forêts, il est inacceptable que les ministres de l'environnement laissent la porte ouverte à l'inclusion dans le marché carbone de la réduction des émissions provenant de la déforestation. Il faut à tout prix protéger les dernières forêts primaires de la planète et que l'UE se prononce pour un arrêt de la déforestation brute d'ici 2020, plutôt que d'envisager la mise en place d'un mécanisme de marché qui profiterait surtout au secteur financier."

Le Conseil des ministres de l'Environnement rend aujourd'hui ses conclusions sur la position de l'UE à Copenhague. Les chefs d'Etat de l'UE se réuniront quant à eux les 29 et 30 octobre pour notamment tenter à nouveau d'arriver à un accord sur le financement de la lutte contre le changement climatique.

Mercredi 21 Octobre 2009
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